ALAT prise de sang : quel taux est normal et lequel est dangereux

L’ALAT (alanine aminotransférase, anciennement appelée SGPT ou TGP) est une enzyme surtout présente dans le foie, dosée lors du bilan hépatique. Lors d’une prise de sang, la limite haute de l’ALAT chez l’adulte se situe autour de 35 à 40 UI/L, et c’est la valeur imprimée sur votre compte rendu qui fait référence. Une hausse légère est fréquente et souvent sans gravité, alors qu’une hausse forte justifie un avis médical rapide.

Ce que mesure l’ALAT dans une prise de sang

Les ALAT se trouvent principalement dans les cellules du foie, où elles participent au métabolisme énergétique. Quand ces cellules sont abîmées, l’enzyme passe dans le sang et son taux monte. C’est pourquoi l’ALAT est un marqueur précoce d’une souffrance du foie.

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Elle est presque toujours dosée avec l’ASAT, sa cousine moins spécifique du foie. La correspondance entre les sigles SGPT, SGOT, ALAT et ASAT est détaillée dans notre page sur les différences entre transaminases.

Valeurs normales de l’ALAT chez l’homme et la femme

Le seuil habituel se situe en dessous de 35 à 40 UI/L, avec une valeur un peu plus basse chez la femme. Certaines sources distinguent les sexes : de 8 à 35 UI/L pour l’homme et de 6 à 25 UI/L pour la femme.

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Ces chiffres varient selon le laboratoire et le matériel utilisé. Comparez donc toujours votre résultat à la fourchette indiquée sur votre feuille d’analyse, et non à un chiffre lu ailleurs.

Un effort physique intense peut aussi faire monter le taux, tout comme une infection virale banale. Un résultat légèrement au-dessus de la norme après une semaine de sport soutenu ou une grippe n’a donc pas la même portée que le même résultat sans explication.

Feuille de résultats d'analyse sanguine posée sur un bureau près d'un stéthoscope

Hausse légère, modérée ou sévère : à partir de quand s’inquiéter

Plus le taux s’éloigne de la limite haute, plus la cause doit être cherchée vite. Une source grand public donne les repères suivants, à prendre comme des ordres de grandeur :

  • Autour de 4 fois la norme : ce niveau peut évoquer une hépatite chronique ou une cirrhose, et appelle un bilan.
  • Autour de 10 fois la norme : il correspond le plus souvent à une hépatite virale aiguë ou à une réaction à un médicament.

Une hausse très marquée, de l’ordre de 100 fois la norme, est observée en cas d’intoxication grave du foie, par l’alcool ou d’autres substances.

Une atteinte est dite chronique lorsqu’elle dure depuis plus de trois mois au moins. Une hausse isolée et modeste se recontrôle avant de conclure, comme pour un autre marqueur sanguin à recontrôler, tel que un taux de monocytes élevé. Des urines foncées, une peau ou des yeux jaunes, ou une douleur sous les côtes à droite imposent en revanche de consulter sans attendre.

Les causes les plus fréquentes d’une ALAT élevée

La stéatose hépatique (le foie gras) figure parmi les causes très fréquentes, avec l’alcool et les médicaments. Elle accompagne souvent un excès de graisses dans le sang, dont l’aspect laiteux d’un sérum riche en graisses est parfois le signe visible.

Les hépatites virales B et C, l’hémochromatose (une surcharge en fer), l’hépatite auto-immune et la maladie cœliaque complètent la liste. Des lésions musculaires peuvent aussi libérer de l’ALAT, sans que le foie soit en cause.

Plusieurs médicaments peuvent élever le taux : certaines pénicillines, les statines, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ainsi que des produits de phytothérapie et des compléments alimentaires. Signalez-les tous au médecin, y compris ceux achetés sans ordonnance.

ALAT basse : un résultat rarement inquiétant

Un taux bas est généralement sans importance quand aucun symptôme ne l’accompagne. Il n’appelle pas d’examen particulier.

Avec des symptômes, le médecin peut chercher une carence en vitamine B6 ou une infection urinaire. Une atteinte des reins entre aussi dans le champ des examens, par exemple en regardant le débit de filtration glomérulaire pour juger de la fonction rénale.

Les examens prescrits après une ALAT anormale et les gestes qui font baisser le taux

Le médecin commence par un interrogatoire sur l’alcool et les médicaments, puis complète le bilan sanguin : ASAT, GGT, phosphatases alcalines, bilirubine et hémogramme. Il prescrit ensuite les sérologies des hépatites B et C et un dosage de la saturation de la transferrine, qui oriente vers une surcharge en fer.

Médecin réalisant une échographie abdominale sur un patient allongé

Une échographie abdominale précise la cause lorsque le bilan évoque une atteinte des voies biliaires. Le score FIB-4, calculé à partir de l’âge, des plaquettes, de l’ALAT et de l’ASAT, estime le risque de fibrose, et un avis spécialisé suit s’il est élevé.

Pour faire baisser un taux élevé, il faut traiter la cause : arrêter l’alcool, perdre du poids en cas de stéatose et faire revoir par le médecin les médicaments en cours. Ne stoppez jamais un traitement de votre propre initiative : la décision revient au prescripteur.

Un nouveau dosage quelques semaines après ces changements permet de vérifier que le taux redescend. Si l’ALAT reste haute sans cause trouvée, l’hépatologue prend le relais.